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Le commerce conventionnel vs le commerce
équitable
La route du commerce conventionnel des denrées d'exportation
est sinueuse, jalonnée d'intermédiaires locaux,
régionaux et internationaux. La présence de
ces intermédiaires confine les petits producteurs à
une pauvreté souvent extrême car le prix qui
leur est payé en retour de leurs produits couvre à
peine les coûts de production - lorsqu'il les couvre!
Les petits producteurs, avec des moyens limités et
peu d'expérience commerciale, n'ont pas directement
accès aux marchés internationaux. Ils sont à
la merci des grands acheteurs et investisseurs privés
qui contrôlent la terre, le capital financier et les
marchés mondiaux.(OCE). L'exemple du café :
un voyage au pays de l'or vert. Après le pétrole,
le café est le deuxième produit en importance
transigé à la bourse des matières premières
de Londres et de New-York - depuis les années 50, la
production mondiale de café a augmenté de 200
%. Le café, c'est l'or vert des investisseurs et des
spéculateurs. En partant des villages d'Asie, d'Amérique
latine et d'Afrique où il est cultivé, le café
passe par plusieurs mains avant de se retrouver sur les tablettes
des supermarchés et dans nos cuisines. Des millions
de petits producteurs vendent leur café cerise (baies
non transformées) aux intermédiaires qui sillonnent
les villages.
Les sacs de café cerise, qui partent par camion des
petites communautés de producteurs, passent ensuite
aux mains des grands acheteurs. Ceux-ci possèdent l'infrastructure
pour transformer le café cerise en café or (café
d'exportation). El café oro passe ensuite entre les
mains des exportateurs du Sud, des importateurs du Nord, des
torréfacteurs, des distributeurs et des détaillants.
La vraie négociation des prix du café se passe
bien loin des villages tropicaux!
Le café, tout comme l'or et les diamants, attire les
spéculateurs. Ils espèrent faire de gros profits
en achetant le café alors que les cours mondiaux sont
à la baisse pour le revendre quand le prix monte.
Il s'échange annuellement près de 12 milliards
de dollars dans l'industrie du café. Malgré
les profits astronomiques qui sont réalisés,
ce ne sont pas les producteurs qui en bénéficient.
Au contraire, ils vivent dans des conditions de pauvreté
extrême et gagnent, en moyenne, aussi peu que 1 000
$ US par année.
Le commerce équitable a pour but de briser la chaîne
de dépendance des petits producteurs en leur permettant
d'accéder directement aux marchés du Nord par
l'entremise d'organisations de commerce équitable.
Le café a été le premier cheval de bataille
des précurseurs du commerce équitable, en raison
notamment de son importance au niveau des échanges
commerciaux entre le Sud et le Nord. Le café équitable
a fait son apparition il y a plus de 25 ans en Europe. C'est
Fair Trade Organisatie, organisation des Pays-Bas, qui, en
1973, a importé pour la première fois du café
équitable provenant de petites coopératives
de producteurs guatémaltèques.
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